À propos du Stadsschouwburg Antwerpen

Le 28 octobre 1944, une bombe V1 s’abat sur la Bonte Mantelstraat à Anvers. L’explosion fait 71 morts et 80 blessés et provoque d’importants dégâts dans le quartier. En 1969, la Bonte Mantelstraat et la Kanonstraat disparaissent pour laisser place au Theaterplein, où la Ville d’Anvers prévoit la construction du nouveau Stadsschouwburg Antwerpen.

L’origine du projet remonte à un incendie sans grande gravité survenu en 1958 dans l’une des caves du Théâtre Bourla. Trois ans plus tôt, un incendie dans un cinéma à Sclessin, près de Liège, avait causé la mort de 39 personnes. En réaction, la Ville d’Anvers ferme plusieurs théâtres, dont le Bourla, impose des normes de sécurité incendie plus strictes et décide à l’unanimité de construire un grand complexe culturel à proximité de l’ancienne Bonte Mantelstraat. Celui-ci devait accueillir le KNS, le KJT (aujourd’hui Het Paleis), le Reizend Volkstheater (RVT) et la célèbre école de théâtre Studio Herman Teirlinck. Des îlots entiers sont démolis et la ville espère inaugurer un bâtiment moderniste et transparent dès 1965, pour un budget de 6,5 millions de francs belges. En réalité, les travaux ne débutent qu’en 1968 et s’étendent sur douze ans sous la direction de trois architectes différents.

Lorsque le bâtiment ouvre ses portes en 1980 pour accueillir le KNS, le KJT et l’école de ballet, il suscite rapidement de vives critiques. Les Anversois le surnomment « le bunker », tandis que de nombreux artistes le jugent beaucoup trop vaste pour une salle disposant d’une capacité relativement limitée. En raison de la lenteur du chantier, un bâtiment inspiré de l’architecture d’Europe de l’Est de l’après-guerre avait vu le jour : de grands volumes rectangulaires en béton entourés d’imposantes esplanades. Malgré son aspect monumental, la grande salle ne comptait alors que 800 places.

En 1974, une œuvre monumentale du maître verrier Herman Wauters est intégrée à la façade ouest du bâtiment. Réalisée en verre et béton, elle mesure 32 mètres de long sur 9 mètres de haut. Cette œuvre est peu connue du grand public car elle a ensuite été recouverte du côté intérieur. Les murs cubistes des foyers ainsi que les rampes d’escalier ont été conçus par la maison artisanale Decoene de Courtrai, réputée pour son alliance entre savoir-faire artisanal, créativité artistique et sens commercial.

1998 : de 800 à 2 060 places

Au début des années 1990, la Ville d’Anvers, sous l’impulsion du bourgmestre Bob Cools, décide de transformer la grande salle afin de faire passer sa capacité de 800 à 2 060 places. Le KNS, devenu aujourd’hui Toneelhuis, retourne alors au Théâtre Bourla et le Stadsschouwburg se retrouve inoccupé.En 1994, Geert Allaert, de Flanders Eventhall et de sa filiale Antwerps Muziek Theater nv, aujourd’hui Music Hall, obtient la concession pour l’exploitation de certaines parties du bâtiment. Quatre ans plus tard, la grande salle trouve enfin sa vocation définitive grâce à une intervention décisive. La toiture est entièrement repensée et la capacité portée à 2 060 places. Associée à une scène monumentale (40 × 40 mètres, 82 perches motorisées, deux scènes latérales, de vastes espaces backstage, des quais de chargement et déchargement, des ascenseurs et une scène tournante), cette transformation fait du Stadsschouwburg Antwerpen le plus grand théâtre équipé d’une tour de scène en Flandre, attirant les plus grandes productions de comédies musicales et de ballets.Avant 1998, le Stadsschouwburg accueillait environ 10 000 visiteurs par an pour les spectacles du KNS.

À partir de 1998, la fréquentation dépasse les 200 000 visiteurs annuels, avec des pics à plus de 400 000 visiteurs lors de productions telles que Les Misérables (382 000 spectateurs en neuf mois, dont un mois de représentations en français à guichets fermés) et The Phantom of the Opera (412 000 spectateurs en onze mois).

Le 6 janvier 2014, be•at (alors Sportpaleis Group) reprend la gestion quotidienne du Stadsschouwburg Antwerpen et du Capitole Gent, jusqu’alors assurée par Music Hall. Quelques mois plus tôt, le 1er octobre 2013, Sportpaleis Group avait déjà repris l’exploitation de Forest National. Le nouvel exploitant opte pour une programmation plus large et renforce encore l’attractivité de la salle.